Une somptueuse demeure du XVIIIème

Histoire

Un lieu d'exception au coeur de Bordeaux.

L’hôtel de la Tresne fut construit de 1754 à 1758 par le grand architecte André Portier - le préféré de l’Intendant Tourny - à la demande du riche et exigeant parlementaire Jean-Baptiste Lecomte, Marquis de La Tresne.

Dans le pur style du XVIIIème siècle, Portier ne négligea aucun détail dans les marbres, les boiseries et les ornements d’or afin de satisfaire aux goûts de luxe du Marquis. A la mort de celui-ci qui ne laissait aucun héritier, l’hôtel particulier fut vendu au Président du Parlement de Bordeaux, Charles d’Augeard, puis la somptueuse demeure devient la propriété de la famille du docteur de Grassi.





En 1827, après un long séjour aux Etats Unis, le Cardinal Jean Lefebvre de Cheverus est nommé Archevêque de Bordeaux et s’installe à l’hôtel de la Tresne. Il y restera jusqu’à sa mort en juillet 1836.

La rue bordelaise prendra alors son nom.

C’est en 1860 que Gustave Gounouilhou achète le bâtiment pour y installer ses bureaux et l’imprimerie de ses deux journaux, «La Gironde» et «La Petite Gironde». Se sont succédés à sa mort les héritiers Chapon et Bouffard, noms célèbres à Bordeaux.

Jacques Lemoine qui était rédacteur en chef de La Petite Gironde, prend possession du 8 rue de Cheverus en 1945 et y fonde le grand quotidien régional d’information «Sud Ouest».

Au-delà du prestige de l’adresse et du lieu en lui-même, l’hôtel particulier se prêtait fort bien aux réceptions données par les journalistes pour l’accueil des hommes politiques français et étrangers, à commencer par Jacques Chaban-Delmas et bien sûr Alain Juppé actuel Maire de Bordeaux. Mais aussi des personnalités littéraires comme Philippe Sollers et du monde du spectacle et des arts : Alain Delon, Jerry Lewis, Brigitte Fossey…

Les salons magnifiques recevaient fêtes, conférences et bals qui mettaient à l’honneur le journal. La famille Lemoine a continué de présider aux destinées du Quotidien jusqu’en 2001, date de la disparition de Jean-François Lemoine, fils de Jacques. Le journal quittera l’hôtel de La Tresne en 2009.

Dès lors, la maison, qui est une des plus majestueuses de Bordeaux, sera restaurée avec tout le respect dû aux splendeurs de son architecture: parquets, boiseries, corniches et rosaces en staff, cheminées et tapisseries feront l’objet des plus grands soins.

Et, après un siècle dédié au journalisme, la demeure du XVIIIème siècle retrouvera sa vocation initiale, celle d’un habitat particulier privé de prestige, celle d’un lieu de vie d’exception.